Comment la pensée de René Girard bouscule le monde catholique

De l'analyse du bouc émissaire à la critique de l'Église, retour sur l'influence subversive de l'anthropologue sur les cercles catholiques.

Avant-propos

L'objectif de cet article est d'alerter sur la pensée subversive de René Girard et d'en exposer les principales erreurs. Pour ce faire, trois ouvrages phares de l'auteur ont été utilisés : Des choses cachées depuis la fondation du monde (recherches avec Jean-Michel Oughourlian et Guy Lefort), La Violence et le Sacré ainsi que Le Bouc émissaire.

Sommaire:

I. Introduction 

II. Biographie de René Girard 

III. Aperçu sur la théorie du désir mimétique 

IV. Quelques oppositions entre la théorie du désir mimétique et la théologie catholique 

V. Un rejet d'une partie du récit biblique 

VI. Le sacrifice comme solution aux conflits et élément fondateur des sociétés 

VII. Les premiers livres de l'Ancien Testament reposeraient sur des mythes 

VIII. Une théorie de la substitution pour alimenter la thèse du désir mimétique

IX. Le rejet de la dimension sacrificielle de la Mort du Christ

X. Les principaux promoteurs « catholiques» de la pensée girardienne 

XI. L'intérêt porté par la franc-maçonnerie 

XII. Conclusion 

I. Introduction 

Depuis certain temps, des auteurs se disant catholiques, tels que Sylvain Durain, Alain Pascal, Stanislas Berton, Alexis Pérot et Jean-Baptiste Noé, tentent de promouvoir l'œuvre de l'anthropologue René Girard. Pour ce professeur, tout tourne autour du conflit, et le sacrifice en serait la solution. Bien que ses admirateurs le décrivent comme un auteur traditionnel, nous allons voir que sa démarche est marquée par des travers modernes, au point d'intéresser les spiritualistes de la GLNF.

 

II. Biographie de René Girard 

René Girard (1923–2015) est un philosophe, anthropologue, historien et critique littéraire français. Surnommé le « Darwin des sciences humaines » par Michel Serres, il est mondialement célèbre pour avoir développé la théorie mimétique. Cette pensée révolutionnaire repose sur l'idée que le désir humain est fondamentalement une imitation du désir de l'autre, ce qui engendre des rivalités et nécessite un « mécanisme du bouc émissaire » pour restaurer la paix sociale. Son héritage intellectuel et la recherche autour de ses concepts restent aujourd’hui particulièrement actifs, notamment à travers l’Association Recherches Mimétiques qu'il a cofondée en France.

 

III. Aperçu sur la théorie du désir mimétique 

Le mimétisme serait le mécanisme fondamental par lequel les êtres humains n'ont pas de désirs spontanés, mais apprennent à désirer en imitant le désir d'un autre. Loin d'être autonomes, nos choix et nos aspirations découleraient de l'observation d'un modèle. 

Dans le cadre de cette théorie, le professeur théorise un triangle du désir comprenant : 

  • le Sujet : La personne qui ressent le désir.
  • le Médiateur (ou Modèle) : La personne qui montre ce qui est désirable.
  • l'Objet : La chose ou le statut convoité. 

Le sujet ne désire pas l'objet pour ses qualités propres. Il le désire parce que le modèle le possède ou le désire. À travers l'objet, le sujet cherche en réalité à s'approprier l'être même du modèle, espérant acquérir son assurance ou son prestige. Ce fonctionnement conduirait à une dynamique sociale destructrice qui a besoin d’un bouc-émissaire pour résoudre une crise mimétique générée par rivalité mimétique.

La rivalité mimétique : Si le modèle est proche du sujet, chacun se retrouve en concurrence pour le même objet. Le modèle devient alors un obstacle. Plus ils s'affrontent, plus l'objet gagne de la valeur à leurs yeux, et plus ils deviennent interchangeables. 

La crise mimétique : Lorsque la rivalité se généralise à l'échelle d'une communauté, l'objet initial est oublié. Les individus n'imitent plus que la violence des uns et des autres, menaçant le groupe de destruction totale. 

Le mécanisme du bouc émissaire : Pour sortir du chaos, la communauté converge inconsciemment et de façon mimétique vers une victime unique, jugée responsable de tout le désordre. Le lynchage unanime du bouc-émissaire ramène la paix, fondant ainsi les premiers rituels religieux et structures sociales. 

 

IV. Quelques oppositions entre la théorie du désir mimétique et la théologie catholique 

Par sa théorie, René Girard évacue la dimension métaphysique de la théologie chrétienne au profit d'explications purement anthropologiques. C'est, en quelque sorte, la raison sans la foi.

Le péché originel est alors réduit à l'entrée de l'humanité dans la rivalité mimétique (vouloir ce que l'autre veut, imiter son désir), un processus qui mène inévitablement à la violence et au mécanisme du bouc émissaire.

De plus, la Communion y est lue uniquement comme le partage non-violent par excellence. Cette vision met de côté la doctrine de la Transsubstantiation, qui enseigne la présence réelle du Christ s'offrant en victime pure à Dieu le Père.

Dans ce système, Satan devient le mécanisme mimétique lui-même : il est à la fois le diviseur (la rivalité) et l'unificateur (le bouc émissaire).

Enfin, le salut découle uniquement de l'acceptation de la Révélation chrétienne en tant qu'elle brise les chaînes du mimétisme.

Ce que la théologie catholique enseigne

À l'inverse, l'Église catholique enseigne qu'il existe un équilibre harmonieux entre la foi et la raison. La nature humaine, bien que blessée par la Chute, conserve la capacité de faire le bien avec l'aide de la grâce divine.

Le péché originel n'est pas un simple mécanisme social, mais une faute d'orgueil et de désobéissance commise par Adam et Ève. Cet acte a transmis à leur descendance une nature humaine blessée et privée de la grâce originelle.

L'Église est le Corps mystique du Christ et l'arche de salut. Les sacrements (Baptême, Communion, Pénitence) y transmettent une action réelle, efficace et surnaturelle de Dieu.

Satan n'est pas un concept ou un mécanisme psychologique, mais une créature angélique déchue. Doté d'une volonté propre, il tente l'humanité, tandis que le Jugement dernier demeure un acte de justice divine.

L'Église, en tant qu'institution divine et Corps mystique du Christ, est la seule détentrice des moyens de salut et reste infaillible dans son magistère doctrinal.

 

V. Un rejet d'une partie du récit biblique 

Pour René Girard, Dieu est totalement non violent ; il ne veut pas de sacrifices, ces actes n'étant que la violence des hommes projetée sur le Créateur. Les rituels sacrés du judaïsme ancien seraient des étapes intermédiaires nécessaires pour contenir la violence « primitive », et non des désirs divins. Ainsi, il réinterprète le récit biblique sur la base de sa théorie du désir mimétique.

Selon lui, l'Ancien Testament montre une émancipation progressive et laborieuse hors de la violence mythologique. Il introduit une forme de discontinuité : les textes anciens sont encore largement imprégnés des projections violentes de l'homme sur Dieu, tandis que les Évangiles opèrent une rupture totale en révélant l'innocence absolue de la victime.

Or, l'Église enseigne que l'Ancien Testament et le Nouveau Testament forment une unité. Les sacrifices de l'Ancien Testament sont des préfigurations voulues par Dieu pour annoncer le sacrifice parfait du Christ.

 

VI. Le sacrifice comme solution aux conflits et élément fondateur des sociétés 

Dans l'ouvrage La Violence et le Sacré (p. 27), René Girard résume la fonction du sacrifice : « Le sacrifice a pour fonction d'apaiser les violences intestines, d'empêcher les conflits d'éclater. » Il affirme que les communautés naissent d'un meurtre fondateur ou d'une expulsion, en s'appuyant notamment sur ces exemples :

• L'expulsion du paradis terrestre (p. 204-205, Des choses cachées depuis la fondation du monde) : Girard y voit un thème majeur où « c'est Dieu qui assume la violence et qui fonde l'humanité en chassant Adam et Ève loin de lui ».

• Le meurtre de Caïn (p. 208) : Il illustre la fondation d'une communauté par le crime, où « un des deux frères tue l'autre et la communauté caïnite est fondée ».

 

VII. Les premiers livres de l'Ancien Testament reposeraient sur des mythes 

Dans l'ouvrage Des choses cachées depuis la fondation du monde, René Girard explique que la fondation des communautés découlerait de mythes et que les premiers livres de l'Ancien Testament en seraient imprégnés.

Le mythe selon Girard (p. 211) :

« Si les textes mythologiques sont le reflet à la fois fidèle et trompeur de la violence collective qui fonde la communauté [...] si, loin d'être une invention gratuite, le mythe est un texte faussé par la croyance des bourreaux en la culpabilité de leur victime... »

Les premiers livres de la Bible reposeraient sur des mythes (p. 206) :

« Que les premiers livres de la Bible reposent sur des mythes très analogues à ceux qu'on trouve un peu partout dans le monde est une certitude. »

Le meurtre par Caïn (p. 208) :

« Le mythe de Caïn, on le voit, se présente de façon classique. Un des deux frères tue l'autre et la communauté caïnite est fondée. »

Plus loin (p. 212) :

« Sous le rapport de la violence fondatrice et désintégratrice, l'histoire de Caïn, en dépit de significations mythiques indubitables, a une valeur révélatrice très supérieure à la mythologie non judaïque. Derrière le récit biblique, il existe certainement des mythes qu'on peut supposer conformes à la norme mythologique universelle ; c'est à l'initiative des rédacteurs juifs, c'est à leur remaniement critique, certainement, qu'il faut attribuer l'affirmation que la victime est innocente et que la culture fondée sur le meurtre garde d'un bout à l'autre le caractère meurtrier qui finit par se retourner contre elle et la détruire... »

L'expulsion de Joseph par ses frères (p. 215) :

« L'hypothèse la plus propre à éclairer la structure du texte biblique, ici encore, est aussi la plus courante. Les rédacteurs de la Genèse ont adapté et remanié une mythologie préexistante dans l'esprit qui leur est propre. »

 

VIII. Une théorie de la substitution pour alimenter la thèse du désir mimétique

La théologie catholique voit dans le sacrifice d'Isaac une préfiguration du sacrifice du Christ. Abraham accepte de donner son fils unique, tout comme Dieu le Père livrera son propre Fils à la croix. De plus, le bois porté par Isaac préfigure la croix.

Girard valide ce parallèle historique, mais il en subvertit complètement le sens sacrificiel. Pour lui, l'épisode d'Isaac n'est pas la préfiguration d'un meurtre divinement exigé, mais celle du renoncement total à la violence sacrificielle.

Pour justifier sa position, il utilise une théorie de la substitution qu'il développe dans son ouvrage La violence et le sacré :

p. 11-12 : « Joseph de Maistre, dans son Éclaircissement sur les sacrifices, observe que les victimes animales ont toujours quelque chose d'humain, comme s'il s'agissait de mieux tromper la violence : “On choisissait toujours, parmi les animaux, les plus précieux par leur utilité, les plus doux, les plus innocents, les plus en rapport avec l'homme par leur instinct et leurs habitudes...” [Il] choisissait dans l'espèce animale les victimes les plus humaines, s'il est permis de s'exprimer ainsi. »

Il reconnaît que cette hypothèse puisse poser problème mais il franchit le pas en allant jusqu'à dire qu'il n'y a rien à « expier » :

p. 13 : « Les observations faites sur le terrain et la réflexion théorique obligent à revenir, dans l'explication du sacrifice, à l'hypothèse de la substitution. Cette idée est partout présente dans la littérature ancienne sur le sujet. C'est d'ailleurs pourquoi beaucoup de modernes la rejettent ou ne lui font qu'une place minime. Hubert et Mauss, par exemple, se méfient d'elle, sans doute parce qu'elle leur paraît entraîner un univers de valeurs morales et religieuses incompatible avec la science. Et un Joseph de Maistre, c'est un fait, voit toujours dans la victime rituelle une créature innocente qui paye pour le “coupable”. L'hypothèse que nous proposons supprime cette différence morale. [...] Il n'y a rien à “expier”. La société cherche à détourner vers une victime relativement indifférente, une victime “sacrifiable”, une violence qui risque de frapper ses propres membres, ce[ux] qu'elle entend à tout prix protéger. »

Le non-sacrifice d’Isaac (p. 14) : « Selon une tradition musulmane, c’est le bélier déjà sacrifié par Abel que Dieu envoie à Abraham pour qu’il le sacrifie à la place de son fils Isaac. Après avoir sauvé une première vie humaine, le même animal en sauve une seconde. Nous avons affaire ici non à quelque rêverie mystique, mais à une intuition réelle qui porte sur la fonction du sacrifice et qui ne recourt, pour s’exprimer, qu’à des éléments tirés du texte lui-même. »

La bénédiction de Jacob (p. 14-15) : « Une autre grande scène de la Bible s’éclaire à l’idée que la substitution sacrificielle a pour objet de tromper la violence, et elle éclaire en retour de nouveaux aspects de cette idée : c’est la bénédiction de Jacob par Isaac. [...] Pour être béni et non maudit, le fils doit se faire précéder auprès du père par l’animal qu’il vient d’immoler et qu’il lui offre à manger. Et le fils se dissimule, littéralement, derrière la fourrure de l’animal sacrifié. L’animal est toujours interposé entre le père et le fils. Il empêche les contacts directs qui pourraient précipiter la violence. [...] Le texte ne rapporte pas directement l’étrange duperie qui définit la substitution sacrificielle, mais il ne la passe pas non plus sous silence ; il la mélange avec une autre substitution, il nous la laisse entrevoir de façon indirecte et fuyante. C’est dire qu’il a peut-être lui-même un caractère sacrificiel. Il prétend révéler un phénomène de substitution, mais il y en a un second qui se cache derrière le premier ; il y a lieu de croire qu’on tient dans ce texte le mythe fondateur du système sacrificiel. »

Or, l’Église enseigne, à travers différents documents magistériels, que la foi et la raison ne s'opposent pas :

• L’encyclique Aeterni Patris (1879) du pape Léon XIII rappelle que la vraie philosophie et la raison ne peuvent pas contredire la foi.

• L’encyclique Humani Generis (1950) du pape Pie XII condamne le matérialisme qui instrumentalise la science pour nier Dieu, tout en affirmant explicitement qu’il n’y a aucune contradiction intrinsèque entre la science et la foi chrétienne.

• Le Catéchisme du Concile de Trente précise que la mort du Christ au Calvaire est une satisfaction pleine et entière, destinée à payer à Dieu la dette de nos péchés. Il y définit la Croix comme le sacrifice propitiatoire et expiatoire par excellence.

 

IX. Le rejet de la dimension sacrificielle de la Mort du Christ

C'est le point de rupture majeur avec la théologie catholique. L'Église enseigne la doctrine de la satisfaction vicariante ou de la rédemption sacrificielle : le Christ s'offre en sacrifice à Dieu le Père pour réparer le péché de l'humanité. Selon Saint Thomas d'Aquin et le concile de Trente, le péché humain a causé une offense d'une gravité infinie envers Dieu, une dette que l'humanité seule était incapable de rembourser. 

Puisque l'homme ne pouvait pas réparer cette faute par ses propres forces, le Fils de Dieu s'est incarné. En s'offrant librement par amour sur la croix, Jésus-Christ a présenté à Dieu une compensation (une « satisfaction ») d'une valeur infinie. L'obéissance totale et l'amour du Christ ont ainsi « surcompensé » la désobéissance de l'humanité. 

Pour Girard, Dieu n'a absolument pas besoin de sang ni de sacrifice. Attribuer le besoin d'une victime à Dieu est une projection humaine et païenne. Le Christ n'est pas une victime offerte à Dieu, mais une victime de la violence des hommes. Le christianisme vient précisément abolir le système sacrificiel, et non l'accomplir.

Voici quelques citations issues de l'ouvrage Des choses cachées depuis la fondation du monde. Recherches avec Jean-Michel Oughourlian et Guy Lefort (p. 251-253, Éditions Grasset, version Le Livre de Poche) :

« Guy Lefort : La crucifixion n'est-elle pas tout de même le sacrifice du Christ ?

René Girard : Il n'y a rien, dans les Évangiles, pour suggérer que la mort de Jésus est un sacrifice, quelle que soit la définition qu'on donne de ce sacrifice : expiation, substitution, etc. Jamais, dans les Évangiles, la mort de Jésus n'est définie comme un sacrifice. Les passages invoqués pour justifier la conception sacrificielle de la Passion peuvent et doivent s’interpréter en dehors du sacrifice. Dans les Évangiles, la Passion nous est bien présentée comme un acte qui apporte le salut à l'humanité, mais nullement comme un sacrifice [...] cette lecture sacrificielle de la Passion, dans la perspective qui est la nôtre, doit être critiquée et révélée comme le malentendu le plus paradoxal et le plus colossal de toute l'histoire, le plus révélateur, en même temps, de l'impuissance radicale de l'humanité à comprendre sa propre violence, même quand celle-ci est signifiée de la façon la plus explicite. [...] Grâce à la lecture sacrificielle, pendant quinze ou vingt siècles, il a pu exister ce qu'on appelle la chrétienté, c'est-à-dire une culture fondée comme toutes les cultures, au moins jusqu'à un certain point, sur des formes mythologiques produites par le mécanisme fondateur. Dans la lecture sacrificielle, c'est le texte chrétien lui-même, paradoxalement, qui sert de fondement. [...] cette méconnaissance se situe dans le prolongement de toutes les cultures humaines, reflétant encore la vision sacrificielle que l'Évangile combat. »

 

X Les principaux promoteurs «catholiques» de la pensée girardienne 

Sylvain Durain

Éditeur (directeur des éditions du Verbe Haut) et essayiste, il intervient régulièrement dans des médias et lors de conférences (comme sur la chaîne Tocsin) pour analyser l’actualité sous le prisme de la pensée de René Girard. Il y présente le philosophe comme un éclaireur indispensable pour comprendre la violence contemporaine, le transhumanisme ou encore la place du christianisme. Tous ses ouvrages s’appuient sur la pensée de l’anthropologue ; l'un d'eux, Ce sang qui nous lie, a d’ailleurs fait l’objet d’un article. [1]

Alain Pascal 

Pourfendeur de la franc-maçonnerie moderne, cet essayiste (aujourd’hui publié par les éditions du Verbe Haut) a pour thème de prédilection la gnose. [2]  Bien qu’il précise ne pas être un girardien « pur sucre », Alain Pascal applique et défend les grands axes de l’anthropologie girardienne. Ce soutien transparaît notamment à travers sa postface de l’essai de Sylvain Durain intitulé Ce sang qui nous lie, dans son ouvrage La Crise sacrificielle du monde moderne : Hommage à René Girard (Éditions du Verbe Haut) [3], ainsi que lors de ses interventions publiques les plus récentes. [4]

 

Stanislas Berton 

Cet entrepreneur et essayiste nancéien, dont le thème de prédilection est le mondialisme, intervient régulièrement dans la sphère dissidente depuis environ cinq ans. Ses publications et ses analyses sont disponibles sur son blog [5]. Il cite et s'appuie sur les concepts développés dans des livres fondateurs de Girard, notamment La Violence et le Sacré et Achever Clausewitz. [6] Nous retrouvons aussi ce soutien dans l'entretien de Richard Seze pour Ligne Droite, où il déclare : « Un de mes maîtres est René Girard, ce grand penseur français justement de la violence et du sacré. » [7] Cela se voit également à travers son compte du réseau social X. 

Alexis Perot 

Ce fonctionnaire territorial, spécialisé dans l’urbanisme, vient de se faire remarquer avec la publication de son essai À la recherche du patriarcat perdu (éditions du Verbe Haut). Dans cet ouvrage comme lors de ses récentes interventions, l'auteur s'appuie explicitement sur les concepts clés de René Girard. Il a notamment participé, lors du salon du Verbe Haut, à une table ronde dédiée à l'anthropologue aux côtés de Sylvain Durain et d'Alain Pascal.

Jean-Baptiste Noé 

Pour l'historien et politologue Jean-Baptiste Noë, l'œuvre de René Girard constitue une boussole indispensable pour décrypter la société moderne et analyser la géopolitique à travers le prisme de la théorie mimétique. À travers ses interventions et publications, l'analyste utilise cette pensée pour pour tenter de décrypter les crises contemporaines. 

 

XI. L'intérêt porté par la franc-maçonnerie 

Le n°90 de la revue  Cahiers Villard de Honnecourt (revue spiritualiste de la loge de recherche de la GLNF) fait directement référence au célèbre ouvrage de René Girard, Des choses cachées depuis la fondation du monde. 

Une rencontre maçonnique fut aussi organisée  « autour de René Girard».

XII. Conclusion 

Pour le théoricien, Dieu n'a jamais exigé de sacrifices humains ou rituels. Dans cette perspective, la crucifixion de Jésus-Christ ne doit pas être lue comme un sacrifice divin nécessaire, mais plutôt comme le dévoilement universel du « mécanisme du bouc émissaire ».

Cette thèse n'est pas sans soulever des controverses théologiques. Cette pensée est tout-à-fait assimilable au marcionisme, une hérésie antique qui opposait le Dieu d'amour du Nouveau Testament au Dieu vengeur de l'Ancien Testament. Malgré les attaques des catholiques intégraux,  les promoteurs « catholiques » de cette approche gagnent aujourd'hui une visibilité croissante, particulièrement par l'intermédiaire de médias alternatifs tels que Tocsin et GPTV.

Jean de Grive 


[1] https://www.alliancedutroneetdelautel.fr/ouvrage-ce-sang-qui-nous-lie-de-sylvain-durain-le-girardisme-au-service-du-perennialisme

[2] Dans son premier ouvrage intitulé La trahison des initiés, Alain Pascal précise bien que sa démarche n'est pas anti maçonnique. Voir cet article dédié à l'essai: https://www.alliancedutroneetdelautel.fr/la-trahison-des-inities-d-alain-pascal-ou-l-insurrection-d-alain-pascal-contre-les-mauvais-inities

[3] https://editionsduverbehaut.fr/produit/la-crise-sacrificielle-du-monde-moderne/?srsltid=AU7gw4Ukq3gogFx7UiYn7K9pqRkMYPDSLG3_sMTM1j099hTjAIh8bOp1

[4] Entretien sur Radio courtoisie d'Alain Pascal et Sylvain Durain à propos de René Girard: https://youtu.be/SQZoEGD5-FU?is=yKVvmyf80qqqes-f

[5] https://stanislasberton.com/

[6] https://stanislasberton.com/index.php/lectures/

https://editionsduverbehaut.fr/etiquette-produit/sylvain-durain/?srsltid=AU7gw4XZQUrooAiVUmaHz-OyEC9Yo9u6BhEinJ3-VSLfvoIgUyT2P3ku

[7] Minute 3' de l'entretien suivant: https://youtu.be/VCXttV2W_hc?is=Vpueym8K8GRPmqM5