L'Eglise n'est pas le corps mystique du Pape
Le 1er juillet 2026, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) a sacré quatre nouveaux évêques à Écône sans mandat pontifical. La réponse était prévisible et fut quasiment immédiate , le 2 juillet 2026, le Dicastère pour la doctrine de la foi a publié un décret officiel rédigé par le Cardinal Fernandez et validé par le pape Léon XIV. Celui-ci 《constate l'excommunication latae sententiae》 (automatique) pour 《acte schismatique》des six évêques de la FSSPX, or cette excommunication est nulle et ́non avenue, ils n'ont jamais souhaité vouloir se séparer de l'Église ou fonder une hiérarchie parallèle. À ce propos, l'article n'a pas pour vocation de justifier par la théologie le bienfondé de cet acte [1] mais d'éclairer les intelligences paralysées par des idées fausses idées grâce à des écrits du Père Calmel (un Père Dominicain de l'époque de Mgr Lefebvre).
Des idées fausses qui bloquent les intelligences
Seule la gravité extrême de la situation présente de l’Église justifie cette action ainsi que celle de Mgr Marcel Lefebvre en 1988. Malheureusement, beaucoup refusent de la voir à cause de fausses idées telles que:
- 《Le Pape ne peut pas se tromper 》
- 《Il est assisté par le Saint-Esprit 》
- 《Il faut obligatoirement obéir au Pape》
- 《Le Concile fut assisté par le Saint-Esprit 》...
Dans un livre sur la crise de l'Église de don Mancinela, celui-ci nous explique ce qu'il se produit la plupart du temps: [2]
《À la fin ils repartent souvent indignés, en vous cataloguant - peut-être mentalement - soit comme un rebelle, soit comme un traditionaliste obtus incapable de comprendre l'évolution du temps.》
Citations du Père Calmel :
《...Si le pape est le vicaire visible de Jésus qui est remonté dans les cieux invisibles, il n'est pas plus que le vicaire : vice gèrent, il tient lieu mais il demeure autre.
Ce n'est point du pape que dérive la grâce qui fait vivre le corps mystique.
La grâce, pour lui pape aussi bien que pour nous, dérive du seul seigneur Jésus-Christ. De même pour la lumière de la révélation. Il détient, à un titre unique, la garde des moyens de la grâce, des sept sacrements aussi bien que la garde de la vérité révélée. Il est assisté à un titre unique pour être gardien et intendant fidèle. Encore faut-il, pour que son autorité reçoive, dans son exercice, une assistance privilégiée, qu'elle ne renonce pas à s'exercer...
[...] L'Église n'est pas le corps mystique du pape;
L'Église avec le pape est le corps mystique du Christ. Lorsque la vie intérieure des chrétiens est de plus en plus référée à Jésus-Christ, ils ne tombent pas désespérés, même lorsqu'ils souffrent jusqu'à l'agonie des défaillances du pape, que ce soit Honorius Ier ou les papes antagonistes du Moyen Age; que ce soit, à l'extrême limite, un pape qui défaille selon les possibilités de défaillance offertes par le modernisme. Lorsque Jésus-Christ est le principe et l'âme de la vie intérieure des chrétiens ils n'éprouvent pas le besoin de se mentir sur les manquements d'un pape pour demeurer assuré de ses prérogatives; ils savent que ces manquements n'atteindront jamais à un tel degré que Jésus cesserait de gouverner son Église parce qu'il en aurait été efficacement empêché par son vicaire. Tel pape peut bien s'approcher du point limite où il changerait la religion chrétienne par aveuglement ou par esprit de chimère ou par une illusion mortelle sur une hérésie telle que le modernisme.
[...] Le pape à la différence de l'Eglise n'est pas saint obligatoirement. L'Église est sainte avec des membres pêcheurs, dont nous-mêmes;
des membres pêcheurs qui tous hélas ! ne tendent pas ou ne tendent plus à la sainteté. Il peut bien arriver que le pape lui-même figure dans cette triste catégorie. Dieu le sait. En tout cas, la condition du chef de la sainte Église étant ce qu'elle est, c'est-à-dire n'étant pas nécessairement la condition d'un saint, il ne faut pas nous scandaliser si des épreuves, parfois de très cruelles épreuves, surviennent à l'Eglise par son chef visible en personne. Il ne faut pas nous scandaliser de ce que, sujets du pape, nous ne puissions quand même pas le suivre en aveugles, inconditionnellement, en tout et toujours.
[...] Car nul dans L'Église, quel que soit le rang hiérarchique et ce rang serait-il plus haut, nul n'a le pouvoir de changer L'Église et la tradition apostolique.
[...] Trop souvent quand s'agit de ne pas se couper de Rome on a formé les fidèles dans le sens d'une crainte en partie mondaine de sorte qu'ils soient pris de panique, qu'ils vacillent dans leur conscience et n'examinent plus rien, aussitôt que le premier venu les accuse de ne pas être avec Rome. Une formulation vraiment chrétienne nous enseigne, au contraire. à nous préoccuper d'être avec Rome non dans l'épouvante et sans discernement, mais dans la lumière et la paix, selon une crainte filiale dans la foi.
[...] Quoi qu'il en soit,
il est certain que si l'évêque trahit la foi catholique, même sans défroquer, il impose à l’Église une épreuve beaucoup plus accablante que le simple prêtre qui prend femme et qui cesse d'offrir la sainte messe. - Faut-il parler après cela du genre d'épreuve dont peut souffrir l'Église de Jésus-Christ par le pape lui-même, par le vicaire de Jésus-Christ en personne ?
À cette seule question, beaucoup se voilent la face et ne sont pas loin de crier au blasphème. Cette pensée les met en torture. Ils se refusent à regarder en face une épreuve de cette gravité. Je comprend leur sentiment, je n'ignore pas qu'une sorte de vertige peut s'emparer de l'âme lorsqu'elle est mise en présence de certaines iniquités. 》[3]
《En définitive, si nous sommes persuadés que les innovations postconciliaires ne sont pas d'Église, n'angagent pas notre obéissance, seront manifestement rejetées lorsque prendra fin l'occupation de l'Église,
c'est parce que ces bouleversements travaillent par eux-mêmes à détruire l'Église si nous la considérons dans son système fondamental. Que nous voyions en effet L'Église comme temple et demeure de Dieu parmi les hommes ou comme médiatrice divinement assistée de la vérité et de la grâce ; que nous l'envisageons comme le corps du Christ et son prolongement mystique - Jésus-Christ répandu et communiqué - ou comme l'épouse sans tache ni ride qui dispense aux pêcheurs les biens surnaturels, dans une union intime avec son Époux et son Roi,
de toutes manières les mesures ambiguës, le rituel mouvant, le catéchisme informe, la morale sans précepte, la discipline religieuse sans obligation, l'autorité hiérarchique dépersonnalisée et transférée à un appareil fuyant et anonyme, aucune de ces inventions postconciliaires n'appartient véritablement à l'Église.
Nous n'avons pas à en tenir compte puisque nous sommes enfants de l'Église et que nous entendons le rester. Nous gardons la tradition avec patience. Les forces modernistes occupantes ne pourront plus bâillonner bien longtemps les lèvres sacrées de notre Mère. Elle nous dira tout haut que nous n'avons rien de mieux à faire que de tenir saintement la tradition. Patienta paupérisation non peribit in finem (Psaume 9). La patience des pauvres ne sera plus indéfiniment trompée.》[4]
Jean de Grive
[1] https://laportelatine.org/formation/crise-eglise/peines-invalides-sacrements-valides
[2] 1962 révolution dans l'Eglise. Don Mancinela, Courrier de Rome.
[3] Brève apologie pour l'Églipse de toujours. Annexe 3: De l’Église et du Pape, p.105. Repris dans La Tradition 《excommuniée》. Courrier de Rome p11-12.
[4] Brève apologie pour l'Église de toujours. Annexe 2 Fils de l'Église en temps d'épreuve, p100-101. Repris dans La Tradition 《excommuniée》. Courrier de Rome p12-13.